L’édito de février nous expliquait de manière simple et profonde ce qu’est le carême chrétien. Le Pape Léon XIV nous donne quelques précisions que nous englobons dans ce partage. « Le Carême est le temps où l’Église, […], nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan […] Le carême est donc un temps qui nous invite à faire des démarches de retour au Seigneur : tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec une docilité d’esprit. »
La Parole de Dieu nous conduira toujours à grandir dans la confiance en Dieu et la compassion pour nos frères. Un authentique carême est bâti sur trois piliers : l’écoute, le jeûne et le partage.
Écouter : « C’est laisser place à la Parole. Savoir écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre (Ex 3, 7). L’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une prise en compte plus authentique de la réalité. Parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice afin qu’elle ne reste pas sans réponse » dit le Pape. Quand on sait écouter Dieu, on apprend à lui parler en vérité et dans la liberté. C’est cela la prière.
Jeûner : « Pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique, […], il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». Jeûner est un exercice qui nous met en face de nos besoins et nous aide à établir une hiérarchie de valeur dans ce que nous recherchons, et dans ce qui nous est proposé. Jeûner c’est se mettre à l’école du Christ qui fut conduit 40 jours au désert Mt 4. » Le jeûne nous enseigne qu’on ne doit pas se laisser balloter à tout vent de doctrines et de sollicitations. Il nous exerce au combat spirituel. Il nous apprend à modérer notre orgueil par l’humilité. Il rend libre de l’âpreté au gain, et la soif de dominer. Demandons au Seigneur la grâce de réorganiser nos priorités.
Partager est un autre mot pour parler de la charité. « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur » (Rm 10, 8). La Parole nourrit et féconde nos actions. Elle peut transfigurer nos habitudes et nous fait voir que Dieu n’est pas économe en bienfaits. Cela nous enseigne que celui qui est à l’école du Christ doit pouvoir offrir aux autres quelque chose de valable qui construit et donne d’espérer. Méditons cet adage : « L’aumône du riz est sans contredit la plus estimée, mais la douceur de la parole la surpasse ».
Le temps du carême est celui d’une révision de vie avec le désir de grandir avec l’aide du Seigneur dans la lumière de sa Parole qui est vie. Demandons au Seigneur de nous accorder d’être des hommes de prière, de choix positif et de partage. Que nous voyions poindre l’aurore de la Résurrection avec des cœurs nouveaux. Que le Christ rende nos cœurs brûlants pendant qu’il nous explique les Écritures. Que le Vivant nous donne de vivre de sa Vie. À tous et à chacun, je souhaite un carême fructueux en grâces et la joie, don du Ressuscité.
